clocher, église, Ars en Ré, île de Ré, noir, blanc"Non contents de préserver les amers, les services maritimes se soucient également de les valoriser, c'est-à-dire de les rendre plus visibles, souvent à l'aide d'un simple badigeon de chaux. La méthode présente au moins deux avantages: elle est peu onéreuse et très efficace, du moins dans les paysages côtiers où le blanc ne domine pas encore. La première campagne générale de blanchiment des amers est lancée par circulaire en octobre 1819. Le caractère très officiel de cette opération concernant toutes les côtes de France traduit l'importance accordée par l'administration à ces marques traditionnelles.

[...] Certains clochers -comme ceux d'Ars et de Sainte-Marie- se sont même retrouvés avec la base en blanc et la pointe en noir! Il est vrai qu'à cette époque, la notion de patrimoine reste encore à inventer. Ces "peinturlurages" ne choquent pas et se sont d'ailleurs perpétués jusqu'à la seconde guerre mondiale sans la moindre prostestation. La reconnaissance d'un clocher comme amer est même perçue comme une sorte de privilège. En effet, de nombreuses paroisses, parfois très éloignées du rivage, revendiquent cette qualité afin de bénéficier des subsides de l'Etat pour l'entretien de leur clocher. Et pourtant, en accordant son aide, l'administration s'octroie "la faculté d'exécuter, à ses frais, tous les travaux qu'elle jugera nécessaires, soit qu'elle veuille en modifier le relief, soit qu'elle veuille le peindre avec telles couleurs qu'elle déterminera"".

(cf."Phares, Histoire du balisage et de l'éclairage des côtes de France", Le Chasse-Marée, 1999).

Aujourd'hui encore, le clocher de l'Eglise Saint-Etienne est un amer remarquable. Pour cette raison, et bien que l'église appartienne à la commune, il est entretenu depuis 1807 par les Ponts et Chaussées.
Phare des Baleines, Ile de Ré
05 46 29 18 23